
Le 9 juillet dernier, le CNPN (Conseil National de la Protection de la Nature) a donné un avis négatif très argumenté sur la demande de dérogation espèce protégée demandée par la Coop de l’eau au sujet de la réserve de Sainte Soline. Le CNPN pointe la « menace sur l’outarde canepetière » et le « manque d’alternatives écologiques globales ».
Mme Barbut, ministre de Transition écologique, contre l’avis du CNPN, a signé le 2 octobre un avis conforme autorisant la dérogation à la protection stricte de l’Outarde pour le site de Sainte-Soline.
Vous trouverez en suivant ce lien les documents fournis avec l’enquête publique :
> Avis du CNPN
> Mémoire en réponse de la Coop de l’eau
> Avis de la ministre
Dans les premières pages de l’avis du CNPN on trouve cette phrase assez définitive :
« Sauf erreur, le pétitionnaire ne semble pas avoir évalué une solution moins couteuse et moins impactante pour l’environnement qui serait d’adapter les cultures aux contraintes hydriques (sans recours systématique à l’irrigation) exacerbées par le changement climatique plutôt que l’inverse pour des résultats sur du moyen terme qui seront probablement médiocres à tous points de vue. Si,
en séance de la commission ECB du CNPN, la Coop de l’eau a déclaré qu’une évolution des assolements était déjà en cours, le CNPN considère qu’au vu du climat des précédentes années, celle-ci devrait constituer une priorité stratégique sur le territoire, pour réduire les besoins en eau en période estivale. »
Nous nous retrouvons à nouveau dans une situation proche de celle du protocole d’accord qui avait en 2008 permis la mise en œuvre du projet global des réserves de la Sèvre niortaise. C’est à dire que les actions présentées pour compenser ou permettre la transition ne seront pas mises en œuvre parce que qu’elles ne peuvent pas matériellement et financièrement l’être. J’ai pu à de nombreuses reprises en siégeant au CODERST (COmmission Départementale d’Evaluation des Risques Sanitaires et Technologiques) lors du mandat 2020 2026 en être témoin.
Il s’agit donc à nouveau et tout simplement d’un mensonge grossier justifié par des centaines de pages inabordables par les citoyennes et citoyens qui doit permettre de prolonger un système agricole dont chacun sait et les scientifiques en premier lieu qu’il est inadapté et qu’il aura des conséquences rapides et néfastes pour l’ensemble de l’agriculture locale.
Le mensonge est encore amplifié par la désormais nouvelle méthode de consultation du public, réduite au strict minimum (15 jours), très mal communiquée et ou tout est fait pur que l’étude des documents ne soit crédible au regard du peu de temps à y consacrer.
Vous trouverez cette consultation publique jusqu’au 20 octobre via cette page de la DREAL Nouvelle-Aquitaine : https://www.nouvelle-aquitaine.developpement-durable.gouv.fr/consultation-du-public-retenue-de-substitution-sev-a15745.html
Pour toute ces raisons, je rejoindrai l’appel du Collectif Bassines Non Merci à un rassemblement vendredi 16 octobre prochain à 9h devant la mairie de Sainte Soline ou plusieurs député.e.s seront présent.e.s pour dénoncer eux aussi cette stratégie du mensonge, du fait accompli et du négationnisme scientifique.
À très bientôt,





